premières lignes

Lundi 1 janvier 2007

Bien décidé à faire quelque chose je m'assis à l'intérieur, au frais des entrelacs d'Orient, et je me mis à écrire. Ce pays était magnifique, serti d'oliviers des sourires dansant comme des anges sur la poussière, baigné par la mer des poètes et leurs batailles légendaires, irradié par la flamme sacrée des hommes qui cherchaient dieu. Elle était là, assoupie de son drapé, sur la terrasse ses grands yeux noirs et son sourire de larme, regardant sa terre d'orangers. Tant de souffrances ici, dieu lui semblait bien dur ou bien les hommes elle ne savait plus, mais elle aimait cette terre aride aux promesses en fleurs, aux femmes légères comme des brises, aux hommes purs et égarés, aux dattiers des sagesses. Pourquoi tout y était insensé parfois? Encore des sirènes et leurs funestes enchantements c'était un peu plus loin, on n'y prêtait plus attention, non pas que cela nous fut égal, ni même par habitude, simplement on l'écoutait comme le chant de cette terre, comme sa façon de nous parler, comme le bruit ardent d'une promesse qu'il nous fallait tenir, comme le râle lointain de la montagne que l'on ne comprenait pas, comme les taxis de New York songeait-elle...

Par Jean Bernard Conrod
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Vendredi 29 décembre 2006
envoyé par Maphia
 
War on Lebanon, July 16, 2006 ; Keith Jarrett Over the Rainbow.
 
Quelque part, une ville, des bombardements, des sirènes... il n'y a pas d'arc-en-ciel, il fait nuit.
Par Jean Bernard Conrod
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Mardi 5 décembre 2006

Il y avait de la fumée à un certain moment, on aurait dit de la brume, ou du brouillard, personne ne l'a jamais vraiment su mais tous ont cru que je l'avais dit alors qu'au fond je ne les connaissais pas, ignorais tout d'eux et eux de moi. Pourtant on aurait bien dit que... ou même cru. Mais tout était bien différent, je ne les avais même jamais vu et de cet endroit j'ignorais jusqu'à son rêve. Mais ces hommes étaient sympathiques et si enjoués dans leur dévouement qu'il eut été presque incertain de tenter de les convaincre d'une vérité qui finirait de toute façon par ne jamais avoir été.

Alors nous prîmes le chemin qui nous mena vers ce drôle d"endroit où tout avait du commencer et où je devais vraisemblablement cesser avant que de m'ouvrir à cet avenir.

 

FIN DE COMMUNICATION.

Par Jean Bernard Conrod
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Mardi 5 décembre 2006

La bataille s'annonçait cruelle, que pouvions-nous bien en attendre d'autre la paix, une douceur, ne serait-ce qu'une trêve? Bien sûr que non, nous étions lucides et sans doute rendus furieux non pas par les cris de nos camarades, ou l'odeur de ceux qui en étaient morts, ni plus de l'absurde dérision de notre situation et de ceux qui l'avaient provoquée que ce soit par leur incompétence ou leur malveillance. Non je crois que nous étions tous rendus furieux par le bruit de cette satanée artillerie, mais à bien y réfléchir, elle rendait nos morts plus glorieuses, plus splendides aussi, il fallait voir ce fer-à-feu, cette fumée, ces pétarades, on finissait tous comme des astres éthérés sur toute la surface de ce terrain vague Hill 400 qui nous servait de gloire. Mais bon dieu quel boucan! Qu'elle se taise ou qu'elle nous tue, bien que cela revenait souvent au-même pour la plupart d'entre nous.


Fin de communication.

Par Jean Bernard Conrod
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