Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /2008 11:35

Voici que je reviens après cinq mois d'absence, je ne pourrais vous rendre compte de la première information qu'on livre après un tel voyage, par sa longueur même il rendrait tout effort inutile. Disons qu'il a fait beau, qu'il a fait mauvais, qu'il a fait exactement entre les deux, il a fait tant de choses que je crois pouvoir résumer son évolution à cette sentence : le temps a été changeant.
Je me rappelle juste cette conversation avec cette drôle de femme à la pompe à essence immédiatement voisine par la droite quand on regarde le vieil hotel par la route unique qui y mène, alors que moi aussi je faisais le plein de ma voiture.
— Pardon mais vous avez toujours l'habitude de payer par carte bancaire ou est-ce un effort pour attirer mon attention ?
— Il n'est tout de même pas évident qu'il soit concevable de l'envisager, ne serait-ce que par la crainte que cet effort suscite.
— Un effort ! Mais vous n'y songez pas sérieusement tout de même ?
— Vous savez... on songe à si peu de choses et on en envisage tant qu'il serait souvent préférable de dormir ou seulement de se réveiller un instant.
— Très bien, très bien, donc vous faites juste votre plein ?
— Oui, à moins que quelque chose ou quelqu'un m'en détourne.
— Ne pourrais-je être celle-là ?
— Evidemment oui, je n'ai pas d'idée préconçue sur l'apparence de ce qui me distraira.
La conversation fut des plus excitante si bien que nous ne vîmes pas le temps passé, contrairement à tous ces gens qui attendaient que nous libérâmes nos pompes respectives. Les heures passaient, leur impatience augmentait – il faut reconnaitre qu'ils étaient surtout venus chercher de l'essence, pourtant notre flegme et sans doute l'art de notre conversation les convainquirent de s'y essayer, si bien qu'ils se mirent eux aussi à bavarder entre eux par groupe de deux, trois, ou plus selon leurs fantaisies et la position qu'ils occupaient au moment où l'idée leur parut salutaire –, les jours aussi, et puis les mois, cinq en tout.

Revue de Presse :

« Un total de 5, c'est déjà un très beau score quand on songe que ce sont des amateurs »
, note Total Games.
« Il a survécu à cinq mois, sans effort apparent, c'est incroyable », écrit XTrem Climb.
« Drôle de blaireau tout de même ce gars là ! », courrier des lecteurs, No Survive Hunt.

Par Jean Bernard Conrod - Publié dans : essai
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

En route pour des nouvelles aventures?
Commentaire n°1 posté par corine le 09/07/2008 à 11h50
Avant de partir il me semblait judicieux de faire le plein.
Réponse de Jean Bernard Conrod le 10/07/2008 à 15h04

Ca pour discuter, tu discutes... Et ça ne m'étonne absolument pas que t'ai pu tenir cinq mois. Ne t'arrêtes pas à toutes les stations services, sinon, nous n'aurons pas la chance de suivre tes nouvelles aventures.

Commentaire n°2 posté par dominika le 10/07/2008 à 13h56

Quant à toi rappelle-toi bien que tu n'auras le droit de t'y arrêter qu'à moins de cinq fautes.

Question : vous êtes à un feu tricolore, à l'arrêt, soudainement une sirène retentit, vous :
— songez comme Ulysse qu'il serait judicieux d'attacher votre ceinture.
— n'avez pas la moindre idée de ce qu'il vous faut faire et vous vous rendez bien compte que vous ignorez tant de chose de la vie. Cela vous rend triste et amère et vous en profitez pour aller faire les soldes.
— vous n'ignorez pas que la bonne réponse n'est pas présente dans cette liste, même si vous sentez bien là la tentation d'un piège. Que faire ? Y vois-je mieux la nuit ou le jour ? La pluie mouille-t-elle tant que cela ? La mobilité impliquerait-elle une plus grande vélocité que l'immobilité ? Vous êtes perdu (e).

Réponse de Jean Bernard Conrod le 10/07/2008 à 15h26
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus