
J'ai regardé le débat de mercredi, attentivement, équitablement puisque n'ayant pas fixé la nécessité même d'aller voter dimanche. J'ai attendu jusqu'à
aujourd'hui, le troisième jour, pour que mes impressions rejoignent ma raison en une appréciation équilibrée. D'abord j'ai été frappé par l'attitude de Sarkozy, trop en retrait, trop courtois,
pas assez incisif, alors qu'on l'aurait imaginé plus volontaire, plus imposant : était-ce une stratégie pour convaincre non pas ceux qui l'étaient déjà mais ceux qui ne l'étaient pas ? Si c'est
le cas, cela ne me plait guère, quand on doit "dévorer" quelqu'un, on le dévore. Cela me rappelle Mitterrand qui n'avait pas serré la main de d'Estaing au prétexte que l'on ne peut pas serrer la
main de qui l'on affronte. L'art de plaire ne m'a jamais totalement convaincu, pas ici, pas dans une élection. Finalement c'est ce côté "nuancé" qui fait qu'un carré à la fin n'est plus un carré
à force d'en rogner les angles et c'est vraisemblablement ce que la nature, en particulier sa loi géo-centrique, nous empêche le plus de réaliser, ne le réalisant même pas elle-même, tout est
rond dans l'univers ou tout le devient. Pour le reste il m'a donné la sensation de maitriser son sujet, économie, fiscalité en particulier.
Royal, après la maladresse des débuts, montre une posture plus droite, coupant sans cesse son interlocuteur à dessein de créer une réaction vraisemblablement. Trop préoccupée à s'imposer comme
une femme de caractère, ce que personne ne lui a jamais contesté gauche et droite confondus, ses idées apparurent floues, vagues, incertaines et relativement incompréhensibles. Et c'est sans
doute là le coeur du problème Royal, elle ne semble pas tant servir des idées que de s'en servir, à preuve ses imprécisions sur la fiscalité, en particulier celle qu'elle préconise et dont elle
ignore l'aspect technique, mais aussi cette façon générale qu'elle a de s'en remettre toujours à la décision d'une instance (partenaires sociaux, référendum, démocratie participative...), ne se
concentrant que sur la façon dont elle, femme, pourrait l'incarner et surtout le sous-décider en quelque sorte. Cela m'a laissé l'impression que Royal et plus généralement la gauche ne
maitrisait pas les concepts, pourtant intéressants, qu'elle avance. Si cela avait été le cas on aurait vu Royal attaquée Sarkozy méthodiquement sur son "bilan", elle ne l'a pas fait, peut-être
par manque de perspectives précises de son projet sur lesquelles elle aurait pu appuyer efficacement ses attaques. Pas de division de réserve, pas de plan d'ensemble prévoyant
des objectifs tactiques immédiats, des mercenaires sans commandement. En face, une armée en ordre, sans génie mais parfaitement préparée et, essentiel, occupant des points dont
elle comprend les avantages.
Quant les candidats ont parlé du nucléaire, comme à mon habitude quand je regarde des émissions, j'ai vérifié dans le même temps les chiffres qu'ils annonçaient sur internet. Je fus déçu de voir
qu'il y eut match nul, une faute chacun sur la part du nucléaire en France. Si celui de Royal correspond à quelque chose (17% étant la part total du nucléaire dans l'énergie française) et celui
de Sarkozy à rien, je fus davantage surpris qu'elle ne le connut pas, puisqu'elle a toujours insisté sur le pilier écologique de son projet en tant que priorité et qu'elle se dit assez proche de
D.Voynet et N.Hulot. Ce n'est pas le chiffre en soi qui me surprend, mais moi quand j'aime quelque chose, je le connais, je le prépare, je ne l'oublie pas, c'est cela que je lui reproche : nous
faire croire que. Mais Sarkozy a paru sur ce domaine un peu dépassé. De même je fus surpris qu'il y eut peu de réaction de sa part quant Sarkozy la blesse avec le problème de la CSG
proposé par son compagnon Hollande. C’est à ce moment que j'aurais imaginé sa "juste colère", il n'en fut rien, évitant sans doute l'écueil de l'attaque personnelle déguisée pour sombrer à peine
plus loin dans le trou grossier des handicapés. La ruse des ruses est qu'il y ait une ruse juste derrière la ruse, l'ennemi trop satisfait d'avoir éventé la première tombera
immédiatement dans le second, (il est a noter que le tigre peut parcourir 4 ou 5 fois la distance qui le sépare d'une proie immobile, en tours et détours, jugeant l'aubaine par trop
évidente).
Quant aux deux épisodes "lacrymaux", les femmes violées" et les "handicapés", je crois que Royal s'est sérieusement trompée à se laisser aller à ce genre d'arguments, le temps de la "juste
colère" devrait être derrière elle, demain elle peut être présidente, ce n'est plus son indignation dont on a besoin mais de simples propositions, un cap. De même sa position sur la Chine est
incompréhensible, elle s'y rend mais n'exclut pas un boycott des jeux olympiques. Les capitaines ne conduisent pas leurs hommes en leur promettant des infimières et des médecins pour les
soigner, mais en leur montrant le chemin afin qu'il n'y ait plus de blessé.
En conclusion ce débat a été pour moi un nivellement, elle que l'on aurait pu croire inspirée, n'était qu'atrophiée par un flou projetique ; lui que j'aimais à voir ferme, parlant nettement,
n'évitant rien, affrontant tout, resta presque un petit garçon. Je dirais que ni l'un ni l'autre ne m'ont fondamentalement convaincu d'aller voter quant à leur stature, mais le projet de
Royal, basée sur de bonnes idées (les institutions, la répartition des aides...), m'est apparu comme totalement informe, brouillon et me laisse l'impression que sa seule "audace" reste qu'elle
est une femme, un concept que là encore je ne saisis pas. Elle joue trop de sa personne à mon sens, envoie tout valser (les éléphants du PS, Bayrou avant le 1er tour, son compagnon) sans qu'un
élément transcendant fasse qu'elle puisse faire tenir cette position. Il n'y a pas de vision à la de Gaulle, ou à la Mitterrand qui l'assurerait de ses choix, mais simplement un appétit d'être là
où elle est, d'y paraître d'une manière ou d'une autre. Trop "capricieuse", son affaire me parait avoir été une mélée de circonstance, un guet-apens si l'on préfère, pour les yeux
de la reine.
Quant à Sarkozy, son projet est simple, pratique, plus du domaine du préfecture que d'un état, mais j'ai été déçu par un manque d'envergure et un manque de ce que je croyais être l'autorité qu'il
manifestait avant ce débat. Mais on sent qu'il a une équipe derrière lui et une indéniable compétence. Secrètement j'aurais voulu revenir à mon camp, j'aurais aimé qu'elle me convainque, cela n'a
malheureusement pas été le cas, je la crois rigide et abusée d'elle-même, un peu diva, mais peu divine et si je dois aller voter ce sera pour Sarkozy pour la raison que l'on sait à peu près où
l'on ira et le sentiment qu’il fera le job. Il ne reste que l'épreuve de la réalité maintenant.
J'ai promis à Paris d'aller voter, chacun s'exécutant pour les yeux de quelqu'un, je vais tâcher de ne pas déroger à la règle bien que je sache dès lors pourquoi je n'ai pratiquement
jamais voté : ils ne m'emballent pas ces gens là. Mais depuis cette campagne j'ai compris qu'il n'y a pas lieu d'être extasié, juste il y a un boulot à faire, prenons le plus efficace, sans état
d'âme. Bien que dans ses conditions on se demande pourquoi il faudrait le faire, en tout cas je ne voterai pas blanc, je ne vais pas me farcir tout le chemin pour dire : je ne sais pas. Il doit y
avoir 7 ou 800 mètres environ de chez moi, une marche très agréable d'ailleurs, avec ces odeurs grisantes d'acacias que j'aime tant place Saint-Bernard, juste là en dessous de chez moi. Mais
je me rappelle la dernière fois que j'y suis allé, pour le référendum, ils menaçaient d'invalider mon vote car je n'avais pris qu'un bulletin "NON" et qu'il fallait en prendre deux. Je leur ai
dit que je voterai "NON" et que par conséquent je ne voyais pas l'intérêt de prendre les bulletins "OUI et NON" vu que c'était "NON". Ils m'ont dit que le vote devait être secret, je leur ai dit
que s'ils n'en avaient pas parler personne dans la queue derrière ne l'aurait su, ils ont d'autres chats à fouetter les gens tout de même que de se préoccuper de ce qu'un inconnu va
faire.
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Conrod Jean Bernard
âge 41 ans
taille 173 cm
poids 70 kgs
total 284
... un peu de retenue sinon la marée emportera tout.
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